Opticiens, ordonnance ce qui change

Publié le 18/11/2016

Dans un décret publié au Journal officiel du 16 octobre 2016, les délégations de tâches entre ophtalmologistes et opticiens-lunetiers sont étendues. Ces dispositions s'inscrivent dans le cadre de la loi de modernisation du système de santé de janvier 2016.

Ce texte prévoit que l'opticien-lunetier peut désormais adapter la correction de lentilles de contact lors d'un renouvellement de ce dispositif médical.
L'opticien est autorisé à réaliser un examen de réfraction (mesure du degré de défaut optique de l'œil) à la place de l'ophtalmologiste.

Pour cela, l'ordonnance doit dater de moins de trois ans et moins d'un an pour les enfants âgés de moins de 16 ans.

Lunettes : ordonnance valable selon l’âge jusqu'à 5 ans

Depuis 2007, l'opticien pouvait déjà pratiquer des examens de réfraction pour adapter la correction des verres de lunettes, avec une ordonnance de moins de trois ans.

Le décret élargit la durée de validité de l'ordonnance à cinq ans entre 16 et 42 ans. Elle est d'un an pour les patients de moins de 16 ans et de trois ans après 42 ans.

Ces mesures devraient faciliter la vie des usagers. En effet, "là où il suffit de quinze jours pour voir un ORL ou un gastro-entérologue, il faut souvent patienter 5 à 10 fois plus longtemps pour consulter un ophtalmologiste, sauf urgence", évalue le Syndicat national des ophtalmologistes de France (Snof).

Lorsqu'il réalise un examen de réfraction, l'opticien doit garder une copie de l'ordonnance "jusqu'à l'expiration de sa validité, sauf opposition du patient", indique le décret. Pour sa part, l'ophtalmologiste peut s'opposer à cette délégation de tâches en le mentionnant "expressément sur l'ordonnance".
Il peut aussi "limiter la durée pendant laquelle l'opticien-lunetier peut adapter la prescription, par une mention expresse sur l'ordonnance". Cette possibilité vise des situations médicales spécifiques, définies par arrêté.

Pas d'ordonnance en cas d'urgence

Autre nouveauté : le décret instaure une situation d'urgence lorsque le patient perd ses lunettes ou en cas de bris de verres. L'opticien peut alors "exceptionnellement délivrer, sans ordonnance médicale, un nouvel équipement après avoir réalisé un examen réfractif", précise le décret. Cependant, ce professionnel du paramédical est tenu de transmettre les résultats de l'examen au médecin désigné par le patient. Ces "délivrances exceptionnelles" doivent être consignées dans un registre dont les données sont conservées trois ans.

Plus globalement, le décret établit des règles liées à la profession d'opticien-lunetier. Celui-ci "procède à toutes les mesures utiles à la réalisation d'un équipement optique", c'est-à-dire qu'il mesure les écarts pupillaires. Ce procédé permet de positionner l'œil par rapport aux lunettes et de réaliser le centrage des verres.

A noter que le décret autorise "les mesures faites à distance". Dans ce cas, le patient agit seul sur Internet, à l'aide d'une caméra, et ne bénéficie donc pas de l'aide d'un professionnel.

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